Manifeste pour des collectivités équitables, sécuritaires et solidaires
en francophonie canadienne

Le Manifeste pour des collectivités équitables, sécuritaires et solidaires en francophonie canadienne est issu du forum L’équité à l’horizon : Genres et francophonie, parlons des défis, tenu à Ottawa les 16 et 17 septembre derniers.

Ce document voit le jour grâce à la collaboration de nombreuses organisations, d’individus et de personnes alliées. Les actions sont issues de la richesse des échanges, de la confrontation de plusieurs perspectives et de l’intégration d’expériences concrètes. L’objectif de cocréer un manifeste est de partager une vision d’une société juste et équitable avec l’ensemble des communautés francophones et acadiennes.

Signer le manifeste est l’un des moyens les plus puissants afin de consolider nos efforts de revendications pour lutter contre le masculinisme et la francophobie. Le seul objectif de ce manifeste est d’améliorer, par chaque action, la vie des femmes, des filles et des personnes de diverses identités de genre dans l’ensemble de notre francophonie!

Les signataires du présent manifeste appellent à une concertation qui se divise en 4 axes :

Action : Développer davantage de ressources en français, notamment sur l’intersectionnalité et sa mise en pratique dans les milieux en francophonie minoritaire;

Action : Obliger le recours à l’ACS+ dans les organisations et les entreprises, avant la prise de toute mesure gouvernementale;

Action : Continuer le plaidoyer en faveur de l’accès aux données ventilées et aux résultats des ACS+ gouvernementales;

Action : Assurer un financement à la mission pour les organisations de femmes et féministes en situation francophone minoritaire afin de prévenir les effets négatifs d’un financement par projet (difficultés à assurer les suivis des actions, à approfondir les coalitions et les mobilisations, etc.);

Action : Renforcer les connaissances et proposer des programmes d’éducation civique pour démystifier, auprès de tout public, le système politique, les lois et la manière dont il est possible de réduire les inégalités à échelle humaine dans les communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire;

Action : Assurer l’intégration de l’écriture inclusive et épicène dans les divers milieux afin de rendre compte de l’importance du vocabulaire pour nommer les réalités vécues par toustes.

Action : Collaborer avec le milieu de l’éducation afin de promouvoir des masculinités positives et conscientiser au chevauchement de différents types d’oppressions à travers des programmes de prévention comportant des aspects légaux et la promotion de modèles qui ne perpétuent pas les stéréotypes de genres;

Action : Valoriser la voix des jeunes et prendre acte que le fait de traiter de ces sujets en français est en soi une action positive qui contribue à l’avancement du rayonnement de la francophonie en contexte minoritaire;

Action : Soutenir les jeunes qui désirent effectuer des changements porteurs dans leur école pour contrer les violences et les attaques misogynes à travers des cercles de discussion, de lecture ou de théâtre, et les impliquer dans les définitions des enjeux ainsi que dans l’élaboration de solutions en valorisant leur voix et leurs expériences diverses;

Action : Assurer la formation des corps professoraux afin de leur fournir tous les outils nécessaires pour mener ces discussions et leur fournir les ressources nécessaires (services de psychologie, ressources communautaires, intervenantes, etc.);

Action : Assurer des suivis et des évaluations par, pour et avec les jeunes et les populations étudiantes des effets des campagnes de sensibilisation et des politiques mises en œuvre pour contrer les violences masculinistes et les violences genrées. Ces campagnes et ces politiques devraient adopter une vision intersectionnelle en mobilisant plusieurs personnes expertes de vécu et partenaires, dont les organisations de femmes et féministes.

Action : S’engager à briser les silos et à travailler ensemble pour élaborer des stratégies claires, à poser des actions concertées et à prendre en compte les expériences uniques et les idées de toutes les personnes francophones en situation minoritaire, notamment celles à la croisée de plusieurs oppressions en s’assurant de ne pas les instrumentaliser (tokénisme);

Action : Diffuser et amplifier les travaux des groupes de femmes et féministes dans la sphère publique, dans les organisations autant que dans notre quotidien;

Action : Agir individuellement et collectivement pour développer des stratégies de soutien temporaires, à court ou à long terme, à diverses mobilisations (droits des communautés autochtones, des personnes en situation de handicap, des mobilisations pour un filet social fort, par exemple);

Action : Augmenter la formation des professionnel·le·s sur ces enjeux et particulièrement sur l’interaction de plusieurs types de discriminations pour le secteur associatif francophone, notamment par des formations en ACS+ et sur les bases du féminisme afin de le démystifier.

Action : Valoriser et demander le financement des recherches sur la discrimination et le chevauchement du genre et de la langue dans un contexte de francophonie minoritaire et dans une perspective intersectionnelle;

Action : Privilégier des collaborations universités-communautés afin de réaliser des recherches par, pour et avec les personnes concernées vivant à la croisée de plusieurs oppressions et discriminations;

Action : Établir des collaborations entre provinces, à l’image du forum de l’AFFC, permettant un enrichissement des connaissances et des pratiques, ainsi que la co-construction de solutions dans le respect de l’autonomie de chaque groupe.

Action : Revendiquer des mesures législatives pour surveiller et réglementer les propos tenus et les actes violents et discriminatoires perpétrés envers les femmes en ligne et reconnaitre l’existence de l’antiféminisme et de ses effets majeurs sur les féministes;

Action : Demander l’intégration d’une formation obligatoire à l’ensemble des membres des corps policiers sur les cyberviolences faites aux femmes et personnes non binaires francophones et acadiennes dans une perspective intersectionnelle;

Action : Adopter une loi visant à supprimer et à condamner les contenus « haineux » des réseaux sociaux;

Action : Favoriser une meilleure collaboration, en français, entre les provinces et les territoires sur ces sujets dans une perspective de renforcement réciproque des expertises et de partage d’expériences;

Action : Demander aux instances, concernant le dossier sur les langues officielles, d’appliquer une analyse intersectionnelle afin de rendre compte précisément de la situation des femmes, des personnes non binaires et des multiples autres catégories de discriminations.

Pour consulter le manifeste

en format PDF

Liste des signataires

  • Soukaina Boutiyeb, Alliance des femmes de la francophonie canadienne
  • Sylvie Charette
  • Sébastien Lord-Émard
  • Sandra St-Laurent, Partenariat communauté en santé (PCS)
  • Isabelle Salesse, Association franco-yukonnaise
  • Flora Camuzet, La Fédération franco-tenoise
  • Yoan Rousseau, Association des centres de la petite enfance francophones de L’Île-du-Prince-Édouard (ACPEFIPE)
  • Marie Pier Garneau, Convergence, coopérative d’expertes conseils
  • Dominique Poirier, La Fédération franco-ténoise
  • Audrey Fournier, La Fédération franco-ténoise
  • Maryne Dumaine, Les EssentiElles
  • Lisa Boisneault
  • Sophie Boudreau, AGEFLESH de l’Université de Sherbrooke
  • Lily Crist, La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique
  • Mireille Haché, École L’Odyssée
  • Emilie Major, Les EssentiElles
  • Alexandra Pronovost, Autonomous Sinixt
  • Josée Laramée, CALACS francophone d’Ottawa
  • Charlie-Rose Pelletier, Les EssentiElles
  • Nour Enayeh, Alliance des femmes de la francophonie canadienne
  • Laurence Rivard, Les EssentiElles
  • Daniel Boucher
  • Josée Guindon, CALACS francophone d’Ottawa
  • David Charbonneau
  • Marie-Noëlle Lanthier
  • Natalie Comeau, Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick
  • Émily Lamarche, Alliance des femmes de la francophonie canadienne
  • Coralie Barrette, Alliance des femmes de la francophonie canadienne
  • Alexandra Lafontaine, Alliance des femmes de la francophonie canadienne

Foire aux questions

Comment ma signature sera-t-elle utilisée ?

Les signatures seront partagées sur le site Internet de l’AFFC.

Je ne suis pas membre d’une organisation, puis-je signer le manifeste ?

Oui! Nous appelons chaque femme, chaque personne, chaque entreprise, chaque organisation, à porter ce manifeste et à en défendre les actions pour écrire la suite d’un monde exempt de violences, d’attaques et de discriminations.

Le manifeste est-il porté par un parti politique particulier ?

Non. Le Manifeste pour des collectivités équitables, sécuritaires et solidaires en francophonie canadienne est issu d’un travail communautaire. Coordonné par l’AFFC, le manifeste a été créé par, pour et avec les communautés francophones et acadiennes d’un bout à l’autre du pays.

Je ne suis pas en accord avec l’ensemble des actions, puis-je le signer?

Oui! Le manifeste est avant tout un outil de discussion et de sensibilisation. Il a été rédigé de façon à laisser place au renforcement et à l’amélioration des actions présentes. La boite à outils permet notamment de tenir différentes activités pour donner vie au manifeste dans votre communauté en prenant en compte vos réalités spécifiques.